Transformer les habitudes du cœur et de l’esprit : des bonnes intentions à une réponse prosociale fiable [Transforming Habits of Heart and Mind: From Good Intentions to Reliable Prosocial Response]
Les pratiques contemplatives, telles que la présence attentive ou la méditation d’amour-bienveillant, sont de plus en plus populaires dans la société occidentale. De nombreux bienfaits, notamment interpersonnels et sociaux, sont attribués à ces pratiques dans des traditions millénaires, notamment bouddhistes. L’objectif de cette thèse est de clarifier les circonstances dans lesquelles des interventions de méditation d’amour-bienveillant et d’activation cognitive de concepts associés à la présence attentive génèrent les effets les plus importants sur l’agression et la prosocialité. La thèse pose donc essentiellement la question de savoir comment l’effet de ces interventions varie en fonction de la durée d’intervention, de l’individu, du contexte et de la méthode de pratique. Nous testons ces idées dans le cadre de quatre études, dont trois études en ligne (article 1) et un essai randomisé contrôlé de six semaines (article 2). Les trois premières études testent une brève exposition contextuelle (amorçage) de la présence attentive via une tâche de phrases brouillées, et, considérés conjointement, les résultats suggèrent que cette tâche n’affecte pas l’agression ou l’hostilité et qu’il n’y a donc pas de modération par trait de personnalité. La quatrième étude compare deux interventions d’entrainement à l’amour-bienveillant sur six semaines à un groupe témoin par liste d’attente. Le premier groupe méditait sur l’amour-bienveillant, tandis que le deuxième groupe réfléchissait à l’amour-bienveillant (via des extraits de livres populaires et des balados). Nos résultats confirment d’abord que la durée de ces interventions compte, puisque l’on trouve des effets via une longue durée (six semaines de pratique quotidienne, étude 4), mais pas lors d’une brève durée contextuelle (amorçage, études 1-3). Les résultats de la quatrième étude suggèrent également que les attitudes implicites prédisent différemment la prosocialité pour certaines variables en fonction du niveau de fatigue cognitive, manipulé expérimentalement, ce qui supporte l’importance du contexte dans l’influence de ces interventions sur la prosocialité. Enfin, les résultats suggèrent également que la méthode de pratique est importante, puisque réfléchir à l’amour-bienveillant semble plus prometteur que méditer sur la chose. Ultimement, cette thèse contribue de manière significative à la littérature sur la présence attentive et l’amour-bienveillant en apportant des réponses à de nombreuses questions et en ouvrant la porte à de nouvelles questions avec cette prometteuse nouvelle intervention basée sur la réflexion sur l’amour-bienveillant.————————————————————————————————————————————————-Contemplative practices, such as mindfulness or loving-kindness meditation, are increasingly popular in Western society. Numerous benefits, particularly interpersonal and social, are attributed to these practices in ancient traditions, particularly Buddhist ones. The aim of this thesis is to clarify the circumstances in which interventions of loving-kindness meditation and of the cognitive activation of concepts associated with mindfulness generate the most significant effects on aggression and prosociality. The thesis therefore essentially asks the question of how the effect of these interventions varies depending on the duration of intervention, the individual, the context, and the method of practice. We are testing these ideas in four studies, including three online studies (Article 1) and a six-week randomized controlled trial. The first three studies tested brief contextual exposure (priming) of mindfulness via a scrambled sentence task, and taken together, the results suggest that this task does not affect aggression or hostility and that there is therefore no moderation by personality trait. The fourth study compared two loving-kindness training interventions over six weeks to a waitlist control group. The first group meditated on loving-kindness, while the second group reflected on loving-kindness (via excerpts from popular books and podcasts). Our results first confirm that the duration of these interventions is important, since we find effects via long exposure (six weeks of daily practice, study 4), but not during brief contextual exposure (priming, studies 1-3). The results of the fourth study also suggest that implicit attitudes predict prosociality differently for certain variables depending on the level of cognitive fatigue, manipulated experimentally, which supports the importance of context in the influence of these interventions on prosociality. Finally, the results also suggest that the method of practice matters, since thinking about loving-kindness seems more promising than meditating on it. Ultimately, this thesis contributes significantly to the literature on mindfulness and loving-kindness by providing answers to numerous questions and opening the door to new ones with this promising new intervention based on reflection on loving-kindness.
